vendredi 7 février 2014

L'énorme hier #1






Alors que l’avion s’apprête à décoller au crépuscule, me revient une émotion que je n’avais pas vécue depuis ma petite enfance. Un mélange de joie et d’anxiété (et quelque part de l’amour) lié à l’imminente découverte d’un monde nouveau. Une nouvelle culture, déjà dans l’avion les gens sont différents, la langue différente, le comportement différent.


            Je ressens une forme d’excitation et de nostalgie aussi, cette fois mes parents ne sont pas là. Personne pour parler une langue que je ne connais pas encore à ma place. Bien sûr mon père est toujours là mais je dois faire « le travail » seul.


           

Un sentiment bizarre de confort et de soulagement. Il est vrai que je ne suis pas encore arrivé mais au moins l’avion lui est parti. Cela au moins est sûr. Dans quelques heures je mettrai pied sur un autre continent, un autre hémisphère une autre culture. Tout est lié et plus j’y pense et plus je me rends compte qu’il n’y a pas d’adversité. Pas d’autres.

            Mais cette aventure reste pour moi la plus grande différence culturelle à ce jour.
Tout autant que je me réjouis de prendre un bus pendant 23h je me réjouis aussi d’arriver enfin. Après toutes ces émotions, ce long voyage de 15 jours seulement mais qui a renfermé deux vies, après les 10 derniers jours de décembre 2013 qui pourraient eux aussi être une vie en soi. Les choix que j’ai fait sont grands et ils portent en eux cet impact mais il me sera bénéfique enfin de pouvoir trouver une forme d’espace personnel purement physique ou je puisse ordonner le peu d’affaires que j’ai et les déposer. M’en défaire histoire de pouvoir librement créer, explorer, découvrir.

            Bien que j’aie déménagé en 1 mois quasi toute matière liée a l’image de ma personne je me sens plus attaché à ces deux sacs. Chaque étape accomplie, chaque papier imprimé « utilisé » me libère du poids de la planification. Plus que la déclaration de biens, l’arrivée, puis le billet de bus et le coup de fil a Cusco. Après cela je pourrai m’enraciner ne serait-ce que l’espace de quelques mois. Bien qu’à l’heure ou vous lisez ceci je serai arrivé en toute sécurité et j’aurai trouvé une connexion internet)



          
  Au vu du fait que 4 mois et demi me semble peu il y a fort a parier que je voyagerai encore et ailleurs après les aventures de cet été (qui seront de voyage et de mouvement aussi)

            Je me dois de développer une discipline. Mon écriture (graphique, à la main) est maintenant plus lisible, plus stable et personnellement, je trouve plus belle encore.
Plus de discipline, je suis intensément social, bien que très intime aussi et je sais que j’ai très tôt fait de créer des liens et de passer beaucoup de temps avec autrui. D’ou la nécessité de la discipline. Si créer n’était pas l’essence de toute vie je serai heureux de simplement être avec autrui.

            Etre et créer sont indissociables. Le jour où j’ouvrirai une école, on apprendra être, aimer et créer. Avoir viendra après.
            J’ai maintenant dans ma poche un anneau de porte clef. Il n’y a pas de clef, il n’y a pas de montre et il n’y a pas de téléphone portable. Cet anneau est complet et infini. Là clef coupe l’anneau, il devient alors accessoire et le cycle se trouve rompu par une droite, illusion de finalité, illusion de l’arrêt.




            Pas en ce moment, volant à des centaines de kilomètres heures, tout contact avec le sol absent.
            Nous avons pris une décision difficile, il nous fallait vivre d’autres choses, tels que nous sommes ceux que nous deviendrons. le choix est juste. Cela ne rend pas la chose facile. Mais je suis heureux de trouver confirmation essentielle dans la réponse de la réalité (j’ai inventé un mot pour cela en 2008 mais il est dans mes affaire à corsier…). Je vis en ce moment ce que j’ai entrevu devoir réaliser et cela me grandit.

            Ce pourquoi cette décision peut être juste est au rendez vous. En cela je trouve la plus grande fortitude car ainsi je peux offrir le plus grand respect et la plus grande reconnaissance. Ainsi ma plus grande inquiétude se dissout à la lumière du chemin qui s’offre a moi. Tout cela n’est pas pour rien, sache le. Il n’y a pas d’erreur.

Merci infiniment.

1 commentaire:

  1. Certaines (personnes) naissent avec des gènes voyageuses... ton arrière grand-père côté maternelle, ton grand-père côté maternelle, ton propre père, ta propre mère. Est-ce inscrit, est-ce inévitable. Je pense que oui: nous sommes des êtres curieux de tout et de tout un chacun. Même si ce n'était pas du tout pour les même raisons, le livre (et le film) "Va, Vis et Deviens" trotte dans ma tête.

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